Laura Ben Hayoun 

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— À la palme et à l’empan, 2017-2020 




“À la palme et à l’empan.” 
«À la palme et à l’empan» , ce sont deux termes d’architecture médiévale, du temps où le corps était unité de mesure.

Dans ce travail, j’ai cherché par tous les moyens à donner une image d’une situation complexe, et d’un temps suspendu. L’incomplétude et l’anonymat sont deux axes indissociables du projet, la violence de la vie quotidienne ne pouvant pas être maintenue à l’écart bien longtemps.

Dans un foyer d’accueil reculé dans les Alpes, de jeunes français éloignés de leur famille et de jeunes migrants seuls en France attendent de pouvoir poursuivre leurs projets de vie (un autre pays, un stage, rentrer chez leurs parents...). Ils sont tous ici sans leurs familles.
Délaissant leurs histoires répétées aux psychologues et encadrants, j’ai choisi l’image comme langage commun. De ces échanges sont nés les « Masques » et « Textos ».
J’ai utilisé ma position de photographe, sans rôle précis dans l’établissement (elle y venait de son propre chef sans subventions), pour construire une cabane dans les arbres.
Commence alors, dans un même temps, la construction et le film. L’image est ici créatrice de représentations mais aussi d’un espace réel. Une chorégraphie se met en place entre la caméra 16mm, lourde et complexe, et les jeunes. Iels (toujours anonymes pour leur sécurité) coupent, tissent. Leurs corps entrent en résistance dans le paysage. Petit à petit, apparait un plancher caché des regards par la forêt du foyer.
Iels y gravent leurs noms, on peut y lire leur passage comme la pellicule exposée, elle même gravée de leurs messages.


Des chants a capella enregistrés dans la cabane, deviennent des vidéos de Karaoké. 

Film 16mm, vidéos, photographies, captures d’écran, chants. 


 
Avec le soutien de la Résidence de recherche des Capucins et de la cheffe opératrice Fiona Braillon

À la palme et à l’empan, 2017/2020

“A la palme et l’empan” are two terms of medieval architecture, when the body was a unit of measurement.

In this work, I have tried by all means to give an image of a complex situation, and of a suspended time. Incompleteness and anonymity are two inseparable axes of the project as the violence of daily life couldn’t be kept away for long.
In a remote social center  in the Alps, young French people far from their families and young migrants alone in France are waiting to be able to pursue their life plans (another country, an internship, returning to their parents, etc.). They are all here without their families.
Leaving their stories repeated to psychologists and supervisors, I chose image as a common language. From these exchanges were born the «Masks» and «Textos».

I used my position as a photographer, with no specific role in the establishment (I was there on my free time), to build a treehouse.
At the same time, the construction and the film begin. The image here is the creator of representations but also of a real space. A choreography happened between the 16mm camera, heavy and complex, as the youngters. cut and build. Their bodies enter in resistance in the landscape. Little by little, a floor appears hidden from the view thanks to the trees.

They engrave their names on the floor, we can read their passage like the exposed film, itself engraved with their messages.
A capella songs recorded in the cabin, become Karaoke videos.

16mm film, videos, photographs, screenshots, vocals.



Abstracts
 






The Tree House, Screenshots